30/11/2019
Lundi 15 juillet
41 km
⬆️ 700 m
⬇️ 325 m
Couché à 3025m d’altitude en camping.
Il va faire beau aujourd’hui. J’ai vu toutes les étoiles dans le ciel lors de mes sorties nocturnes aux toilettes. Au moins, je me sens beaucoup mieux. J’ai beaucoup plus d’énergie qu’hier et j’ai hâte de manger mon gruau. Voilà qui démarre mieux la journée! Nous mangeons aux abords de notre campement et les vaches curieuses s’approchent tout autour de nous. Je mets Raphael en garde de bien surveiller la gamelle par terre car une d’entre elles est presque en train de manger dedans! On doit se lever et avancer vers elles pour les éloigner un peu.
Nous débutons par une petite montée. Bien que je sois en arrière, ça va beaucoup mieux que la veille. Nous croisons un véhicule de touristes aux abords de même la rivière où nous avons campé. Ils ont aussi campé à cet endroit dans leur véhicule et ils semblent avoir deux jeunes enfants. Cela n’adonne cependant pas que nous les abordions, dommage.
Nous avions entendu parler d’une famille à vélo incluant trois enfants et les parents lourdement chargés que nous avions apparemment de bonnes chances de rattraper. Malheureusement, avec la petite journée d’hier à cause de mon état, nous n’aurons pas la chance de faire leur connaissance.
Nous longeons une vallée ouverte et croisons des troupeaux de moutons et de cheveux. Il y a clairement plus d’animaux que d’humains par ici! La route est en mauvais état, traversant des petits cours d’eau à quelques endroits. Nous recevons une invitation à prendre le thé, malheureusement nous venons tout juste de manger alors nous déclinons, sachant comment cela se termine ici! Aussi, mon ventre n’est pas encore parfait, peut-être qu’il serait plus sage de ne pas risquer. Nous prenons un embranchement vers une autre vallée, toujours en montant. Elle nous amènera jusqu’au fameux col Tossor, dont nous avons entendu parler quelques fois pour son apparente difficulté. Nous avons bien hâte d’y être, surtout que la descente de l’autre côté en sera une bonne!
Nous arrivons à un lieu où il y a apparemment des sources thermales. Nous l’avions vu sur notre carte et avons bien hâte d’y être! Nous sommes accueillis par un groupe d’environ 15 personnes qui veulent prendre des photos avec nous, certains sortent de la cabine des sources thermales et nous attendons notre tour sans trop savoir à quoi nous attendre. Sachant que les gens se servent plutôt de ces installations pour se laver, je ne me réjouis pas trop d’entrer après un grand groupe. L’eau trouble nous accueille, nous la regardons, pas trop certains et décidons d’y entrer après avoir installé nos choses.
J’essaie d’y mettre mon pied une fois, deux fois, trois fois. Rien à y faire, c’est beaucoup trop chaud. Il en ressort très rouge à chaque fois après à peine quelques secondes! Je suis déçue, je rêvais un peu de me détendre dans l’eau chaude, de me tremper et me laver les cheveux. Ils n’ont pas été lavés depuis quatre jours, ça aurait été bien de le faire ici! Nous remplissons deux ou trop grosses bouteilles d’eau trop chaude et repartons.
Raphael passe devant tout le monde en faisant des saluts à tous, sans voir qu’ils lui font signe d’arrêter pour payer. Je m’arrête et ‘discute’ avec eux par mime. Devant l’air insistant de la doyenne de la place, je lui mime que c’était trop chaud en mimant de mettre mon pied dans l’eau et en disant aie! En recommençant et lui disant non, montrant que nous sommes partis car c’était trop chaud. Je me sens sous les bras en lui faisant une face de dégout, je pue et je suis sale, tentais-je de dire. Ouf, le ridicule ne tue pas, ils semblent me trouver plutôt comique mais surtout, semblent comprendre ce que je tente de dire! Je reprends ma route sans payer. Raphael avait l’argent de toute façon!
Nous allons nous installer à un ou deux kilomètres à peine de cet endroit, le long de la rivière glaciale. Ils auraient pu envisager de faire un petit mélange d’eau chaude et d’eau froide aussi dans leur bain chaud, d’autant plus que la rivière passait très près! Enfin bref…
Nous nous installons et nous trempons rapidement dans la rivière. Je me rince les cheveux plus loin en retrait du cours d’eau avec de l’eau tiède, c’est assez agréable malgré la petite odeur de soufre, on ne peut pas tout avoir! Le lieu est magnifique dans la vallée. La rivière bleue laiteuse a créé des méandres et les sommets sont parfois enneigées au-dessus des pâturages verts.
Nous passons un moment de l’après-midi à relaxer en prenant le thé. Pour me protéger du soleil sans me mettre de crème (vu que je suis fraichement propre!), je me couvre le visage complet avec mon bandeau, mon protecteur de soleil et mes lunettes soleil. Raphael me taquine en me prenant en photo pour immortaliser mon look.
En soirée, nous recevons la visite d’un cavalier avec ses trois chiens. Il va chercher ses chevaux afin d’échanger de monture et de s’assurer du bien-être des autres. Il essaie de communiquer avec Raphael en lui faisant des grands signes mais Raphael ne comprend pas trop. Il finit par comprendre qu’il se présente avec son nom et lui donne le sien. L’homme ne cesse de lui dire, Raphael, Raphael en lui faisant des signes d’un côté et de l’autre. Il lui tend une corde et le tire dans l’enclos à chevaux afin d’en isoler un à la fois et vérifier la guérison de leurs blessures sur le dos causées par ‘la selle’ qu’il y est installée de temps à autre. Il met de la salive sur les blessures et recommence avec un autre cheval, entrainant Raphael qui tient un bout de la corde et qui ne sait pas trop ce qui se passe. Tandis qu’ils courent dans l’enclos à essayer d’isoler un cheval dans un coin avec leur corde, un de chiens se met à japper et reçois presque la patte du cheval sur le museau. On comprend comment un des chiens a la peau à vif sur le museau, il a sûrement reçu un coup semblable une autre fois. Une moitié de son bout de museau pendouille laissant la chair rouge exposée, il fait vraiment pitié. Je dis à Raphael d’être prudent dans cet enclos… je ne voudrais pas qu’il lui arrive la même chose…
Avant de repartir, il choisit un autre cheval que celui avec lequel il est arrivé et installe la selle en question qui est plutôt une superposition de tissus, semblables à des tapis avec une grande courroie afin de les garder en place. Il a sept chevaux, peut-être une monture pour chaque journée de la semaine, qui sait? Je demande le nom de ses chiens par signe : ils s’appellent Rex, Rex et Rex. Facile à retenir!
Il fait monter Raphael sur le cheval après avoir insisté pour que ce soit moi. Je ne suis pas très familière avec les chevaux et leur imposant gabarit m’effraie un peu, je dois avouer. Je trouve le moment un peu mal choisi pour apprivoiser cette grande bête, avec un cavalier qui me semble plutôt éméché, avec qui je ne peux pas communiquer avec des mots sur un cheval surmonté de tapis… Peut-être une autre fois! Raphael prend ma place quelques minutes avant que notre cavalier remonte sur la bête, l’air tellement fluide et habile! Il nous fait quelques poses et nous salue avant de repartir dans la brunante de fin de journée.