28/01/2026
Vélingara : la RADDHO plaide pour une justice équitable et une réparation intégrale des victimes de la crise sociopolitique (2021-2024)
À l’instar des autres régions du Sénégal, la section régionale de la RADDHO (Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme) de Kolda a organisé, ce mercredi à l’hôtel La Paillote de Vélingara, une journée d’information et de sensibilisation consacrée à la justice et à la réparation des victimes de la crise sociopolitique survenue entre 2021 et 2024.
La rencontre a réuni des acteurs de la société civile, des représentants de partis politiques, des groupements de promotion féminine (GPF), des services techniques de l’État, des forces de défense et de sécurité (FDS), des victimes ainsi que des professionnels des médias.
Prenant la parole, le coordonnateur régional de la RADDHO, Djibi Boiro, a rappelé l’objectif principal de cette initiative nationale. « Cette journée vise à informer et sensibiliser les populations sur les enjeux de la justice et de la réparation pour les victimes de la crise sociopolitique de 2021 à 2024 », a-t-il déclaré. Selon lui, il s’agit surtout d’attirer l’attention sur les difficultés d’accès à la justice pour les victimes et de promouvoir des enquêtes impartiales, menées avec l’implication des organisations de défense des droits humains, afin que les auteurs présumés des violations soient traduits devant les juridictions compétentes.
S’agissant de la situation spécifique de Vélingara, Djibi Boiro a dénoncé ce qu’il considère comme une injustice dans le processus d’indemnisation. « Des victimes ont été recensées mais n’ont pas bénéficié des cinq milliards de francs CFA décaissés par l’État. D’autres n’ont même pas été recensées, et jusqu’à présent aucune action n’a été entreprise en leur faveur », a-t-il regretté, appelant à une réponse « globale, impartiale et inclusive » au profit de toutes les victimes sur l’ensemble de la période concernée.
Pour la RADDHO, l’État a l’obligation de procéder à un recensement exhaustif des victimes, sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger. « Ce n’est qu’à partir de ce travail que l’indemnisation pourra être juste et équitable », a insisté M. Boiro.
Les échanges ont été marqués par un témoignage poignant de Lamine Cissokho, victime des événements. Il a raconté avoir été arrêté deux mois après les faits, accusé à tort de participation à des actes de vandalisme. « J’ai passé six mois en prison avant d’être libéré sans aucune charge. Deux autres jeunes de Vélingara ont passé presque un an en détention », a-t-il confié. S’il a reçu une indemnisation de 500 000 francs CFA à sa sortie, il estime que cette somme est largement insuffisante au regard des pertes subies, notamment son jardin et son matériel agricole. « Je demande un accompagnement plus conséquent », a-t-il lancé.
Pour la RADDHO, la réparation des victimes d’injustices ou de violences doit être intégrale. Elle vise à compenser l’ensemble des préjudices subis — corporels, moraux et économiques — afin de replacer la victime dans sa situation antérieure ou, à défaut, de compenser l’irréparable. Cette réparation inclut la restitution, l’indemnisation, la réhabilitation et des garanties de non-répétition, avec une attention particulière portée aux personnes les plus vulnérables.
Babacar Diouf