19/02/2026
Institut de Mathématiques Appliquées
Note de politique économique:
Dans un contexte de hausse persistante du coût de la vie, le gouvernement gabonais a décidé de suspendre temporairement les droits et taxes sur les biens de première nécessité pour une durée de six mois. Cette mesure vise à atténuer l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus vulnérables, dans une économie fortement dépendante des importations.
La suspension fiscale agit directement sur les prix à la consommation des biens essentiels en réduisant l’écart entre les prix hors taxes et les prix payés par les ménages. À court terme, le revenu nominal étant rigide, l’amélioration du pouvoir d’achat provient exclusivement de la baisse de l’indice de prix du panier de consommation.
L’analyse montre que le gain relatif de pouvoir d’achat est proportionnel à la part des biens de première nécessité dans le budget des ménages. Les ménages à faible revenu, dont cette part est élevée, bénéficient donc davantage de la mesure. Celle-ci joue ainsi le rôle d’un transfert implicite ciblé, sans recourir à des mécanismes administratifs complexes.
La mesure est temporaire et coûteuse budgétairement. Son efficacité est partiellement réduite par l’inflation importée et par les rigidités de l’offre. Sans politiques complémentaires, le gain de pouvoir d’achat pourrait être annulé à moyen terme par des ajustements fiscaux ou budgétaires ultérieurs.
La suspension des droits et taxes est pertinente comme instrument conjoncturel de stabilisation sociale. Elle doit cependant être accompagnée d’une stratégie de maîtrise budgétaire, de soutien à la production locale et de renforcement des dispositifs ciblés de protection sociale.