Création parisienne
L'entreprise BOUCHER FRERES nait en 1927, en région parisienne (Fribouli commune de Wissous), lorsqu’Auguste Boucher et son frère Emile montent leur petit atelier de mécanique&outillage, après avoir fait, jeunes, leur propre compagnonnage chez de nombreux professionnels artisans des métaux de la place de Paris et entreprises automobiles (Renault Citroën etc). Riches de leur exp
érience professionnelle, les 2 frères outilleurs animent avec succès leur petite entreprise. Cartésien mais déjà rêveur imaginatif à l’esprit pratique, Auguste crée la première d’une longue série d’inventions : un dispositif de changement de vitesses pour bicyclettes, qui fût par la suite supplanté par le dérailleur actuellement utilisé. Arrivée en Corrèze
En 1943, afin d’échapper à la déportation nazie dite Travail Obligatoire (puisqu’1 seul outilleur était considéré comme suffisant pour une petite entreprise), Auguste descend en Corrèze où il installe sa famille. Une loi vichyste vient en effet d’autoriser le « Retour à la Terre » et la Corrèze est la terre originelle de sa femme mais aussi de sa mère : enfant, Auguste a d’ailleurs passé quelques semaines avec son frère à Vigeois dans la famille maternelle et ce séjour lui a laissé un merveilleux souvenir de calme et de verdure contrastant avec la grisaille bruyante de sa vie parisienne. Il recrée donc son atelier de mécanique, dans un petit local en terre battue (6x4m) du village de Vignols. Auguste joue le rôle de mécanicien du village en réparant et créant de petits objets forgés et façonnés (il fabrique des chaudrons à partir de tôles plates que les particuliers lui amènent, il rebat des socs de charrues, fabrique un pressoir à huile de noix, etc…)
Inventions
Fort de son succès d’outilleur, il continue par nature à allier son esprit pratique à son imagination et continue à inventer, fabriquer, façonner :
Fers pour sabots en bois
Devant la difficulté de trouver du fer et plus particulièrement des clous pour sabots pendant la Seconde Guerre Mondiale, il a l’idée de créer des fers d’abord lisses puis cloutés pour améliorer l’adhérence du sabot au sol (succession de têtes de clous en relief tout au long du fer cloué sous les sabots). Pour obtenir ce résultat, il créée une machine pour matriçage à chaud (appelée « Mouton ») et utilise les fers qu’il forge lui-même. Prototype de tracteur
Conscient de l’importance de la mécanisation, de par son constat de l’évolution des méthodes de travail agraire en région parisienne, il créée un prototype de tracteur en partant d’un chassis, moteur et mécanique d’une automobile Citroën B14, avec l’aide d’un collègue garagiste vignolais, Mr Paul Charbonnel. Pressoir pour faire de l’huile de noix
A l’époque, la population souffre d’une pénurie d’huiles comestibles et les agriculteurs locaux ont des noix mais n’ont pas ce qu’il faut pour les presser… il met donc au point un petit pressoir destiné à faire de l’huile de noix avec lequel il se rend chez les particuliers afin d’extraire l’huile de leur noix. Pour la petite anecdote, comme le veut l’époque le troc est le moyen le plus commun de rémunération et il gagne ainsi par ce travail les ardoises qui serviront à couvrir le toit de sa maison! Système Alternatif pour mortaiseuse, nommée Alternax:
En 1946, les connaissances mécaniques, cinétiques & l’inventivité d’Auguste sont sollicitées par Mr Lucien Parveau, fabricant de meubles vignolais qui cherche à créer une machine qui effectuerait en série et de manière régulière une opération qu’il réalise alors à la main : la mortaise (ou taille d’un creux quadrilatère dans une pièce de bois dans le but d’assembler celle-ci à une autre pièce de bois qu’ on aura préalablement taillé en tenon). Après de nombreuses séances de travail communes donnant naissance à d'innombrables croquis dessinés sur la table familiale de la maison Boucher et de longues réflexions menées avec M.Parveau, Auguste Boucher trouve le système du mouvement alternatif de la mortaiseuse, qui permet de faire fonctionner entre eux les 3 outils auxquels avait pensé Monsieur Parveau (bédane central, ciseaux latéraux). La fille aînée d'Auguste, férue de latin, trouvera le nouveau nom de cette machine, basé sur son principe de mouvement alternatif : elle sera baptisée « ALTERNAX ». La mortaiseuse est co-brevetée en 1946 par les 2 établissements : Boucher et Parveau. Connaissant un large succès dû à la précision des mortaises qu'elle peut réaliser, elle sera vendue dans le monde entier, certains ébénistes disant "qu'ils n'imaginent pas travailler sans une Alternax". Les Ets BOUCHER fabriquent depuis tous les outils équipant cette machine. L'entreprise Parveau se transformera et deviendra "Parveau Machines à Bois", fabriquant de nombreux types de machines pour le travail du bois (www.parveau.fr). BOUCHER FRERES
www.boucher-freres.fr
En 1971, la "Maison Auguste Boucher" est reprise par ses fils et BOUCHER FRERES existe de nouveau! Une longue carrière d'outilleurs mécaniciens et dessinateurs techniques sera parcourue par les 3 frères Pierre Gérard et Georges jusqu'à nos jours (Pierre et Gérard au sein de la Sarl BOUCHER FRERES mécanique et outillages, Georges dans la Sarl puis à son compte comme dessinateur technique de renom avec sa regrettée épouse). La conception/fabrication/mise au point d'Outils à découper & emboutir pour des secteurs d'activités divers et variés (automobile, connectique, armée, jouet, génie civil) constitueront pendant 3 décennies l'activité principale de la Sarl BOUCHER FRERES ; la fabrication historique d'outils à bois s'élargit ensuite à de nombreux modèles (monobédanes, araseurs, fers, couteaux) qui se vendent sur la France entière et s'exportent en Europe. Des inventions jalonneront ce parcours (les dignes fils de leur père ayant hérité de la créativité d'Auguste!) :
-étau de haute précision >>SERRAGE BF