20/11/2017
Être invisible. Ne pas dénoter, rester discret. C'est un postulat délicat en terme de marketing et d'image mais qu'importe, c'est une manière de travailler qui n’est pour moi absolument pas négociable. Je ne pense pas que je pourrais faire autrement et puis il y a toujours ce jeu avec l'environnement, une manière de faire rentrer les plantations, les nouvelles constructions (comme ici) dans un paysage.
Ce n'est pas vraiment une "intégration" je n'aime pas trop d'ailleurs ce qui est devenu un reflex de langage, parce que sous couvert d'intégration, il s'agit souvent de camouflage grossier. On ajoute alors un intermédiaire, on masque, on règle le symptôme : « On pourrait mettre une grimpante ! », au lieu d’aborder le tout de manière globale pour que l’existant et le rapporté constituent un nouvel état cohérent et harmonieux.
Ici, un an après les avoir construits j'aime observer les effets sur les deux abris à bois et à bateau. La patine des ultra-violets sur le pin brut qui constitue la structure, la reprise des arbousiers patiemment contournés durant le chantier, la légère oxydation des boulons : rien n’est plus évident que le travail du temps.
Les bruyères à balais, d'autres arbousiers, les chênes verts transplantés cet automne compléteront le dispositif : tout à toujours été là.