African Metropolis

African Metropolis African Metropolis est une agence d'urbanisme et d'architecture qui a l'ambition de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des villes africaines.

30/09/2025

La population de Ouagadougou atteindra t-elle 10 millions d'habitants un jour ?

Voici une question qu’un de mes amis m’a posé ce matin, autour de deux tasses de café, face à un flot de motos débordant sur la route en face de la cafétéria.

A mon avis, l’embouteillage n’est pas une anomalie passagère, c’est un avant-goût de la métropole qui vient. La question n’est pas « atteindra-t-on 10 millions ? », mais « serons-nous prêts à les accueillir et dans quel type de ville ? ».

À Ouagadougou, la bonne question donc n’est pas si la barre des 10 millions sera franchie, mais quand. Les données récentes sur l’agglomération urbaine situent Ouagadougou autour de 3,5 millions d’habitants en 2025 (mais en vrai, on est déjà à plus de 4,5 millions), avec un rythme annuel d’environ 4,8 % ces dernières années, un ordre de grandeur cohérent avec les projections onusiennes pour les grandes agglomérations d’Afrique de l’Ouest. À ce rythme, la population double voir triple en un peu plus de deux décennies : en appliquant une croissance comprise entre 3,5 % et 4,8 %, le cap des 10 millions serait franchi entre le milieu des années 2040 et le milieu des années 2050, plus précisément autour de 2047 si l’on prolonge la tendance haute, et vers 2055 si l’on retient une normalisation vers 3,5 %. Et ça me rappelle avec brio ce que m’avait dit M. Valentin BAYIRI, Directeur du Département Prospective, Planification et Études (DPPE) de la mairie de Ouagadougou : “la population de Ouagadougou double chaque 15 ans)”.

Projeter « le quand » sans réfléchir à « l’espace que cela consomme » serait toutefois incomplet. La communauté internationale recommande d’évaluer l’urbanisation avec l’indicateur 11.3.1 des ODD, qui compare le taux de consommation d’espace au taux de croissance démographique et mesure la surface bâtie par habitant. Concrètement, quand la ville croît plus vite en habitants qu’en hectares bâtis (ratio < 1), elle se densifie ; quand l’inverse se produit (ratio > 1), elle s’étale.

Sur Ouagadougou, les travaux de télédétection menés sur 45 métropoles d’Afrique subsaharienne montrent deux éléments décisifs pour la planification (MDPI, 2021/UN-Habitat). D’une part, parmi les plus grandes villes dont Ouagadougou, l’extension des zones bâties a crû à un rythme inférieur à 4 % par an entre 2000 et 2015, donc légèrement en deçà des rythmes démographiques constatés ; autrement dit, la dynamique récente a plutôt été à la densification relative qu’au « tout-étalement ». D’autre part, les densités « dans le bâti » observées autour de 2015 restent élevées à l’échelle régionale (de l’ordre de 10–12 000 hab./km² de surface bâtie en moyenne sur l’échantillon), avec une stabilisation plus marquée dans les grandes villes. Ces repères permettent de cadrer l’empreinte au sol du cap des 10 millions.

Si Ouagadougou atteignait 10 millions d’habitants en conservant un ordre de grandeur de ≈ 11 000 hab./km² de surface bâtie, la « tache urbaine bâtie » nécessaire serait d’environ 900 km² (alors que le Grand Ouaga fait 3 300 Km² environ). À titre d’étape intermédiaire, ce ratio implique qu’avec ~3,5 millions d’habitants aujourd’hui, la surface bâtie mobilisée est de l’ordre de 320 km², ce qui est cohérent avec une ville-centre administrativement étendue mais au bâti effectivement plus compact que son emprise administrative (≈ 520 km² pour la commune de Ouagadougou). À densité accrue (≈ 15 000 hab./km²), l’empreinte au cap des 10 millions tomberait vers 670 km² ; à l’inverse, un relâchement vers 8 000 hab./km² propulserait l’empreinte à ≈ 1 250 km². Ces fourchettes synthétisent l’arbitrage entre étalement et compacité et s’appuient sur les méthodes SDG 11.3.1 et sur les métriques de densité bâtie issues de la littérature récente (UNSD, 2025).

Ces trajectoires locales s’inscrivent dans un mouvement national et continental. Au Burkina Faso, la part de population urbaine a presque doublé en vingt ans et devrait passer la barre de 50 % à l’horizon 2050 ; autrement dit, même si la capitale ne captait qu’une fraction de cet essor, la pression urbaine restera structurellement forte. Dans les métropoles à faible revenu, la « consommation marginale d’espace par nouvel habitant » observée sur 2000–2015 est, en moyenne, relativement contenue pour les grandes villes, ce qui signifie que des politiques de densification raisonnée peuvent réellement infléchir l’empreinte. (ONU Habitat)

En tant qu’urbanistes, cela nous oblige à viser grand et tôt. Viser grand, parce que 10 millions n’est pas une hypothèse lointaine : c’est une échéance planifiable à l’échelle d’une génération. Viser tôt, parce que l’indicateur 11.3.1 nous enseigne que la maîtrise du ratio consommation d’espace/croissance de population se joue maintenant : guider la croissance vers les corridors équipés, généraliser des tissus mixtes à moyenne/haute densité, protéger et recomposer les vides urbains stratégiques, réhabiliter le foncier sous-utilisé, calibrer les infrastructures à l’échelle métropolitaine, et coordonner l’urbanisation intercommunale. C’est le sens de l’« ambition urbaine » : faire d’Ouagadougou une métropole de 10 millions vivable, connectée et sobre en sol, plutôt qu’une mégapole de 10 millions dispersée et congestionnée.

Sources clés : estimations/projections de population urbaine pour l’agglomération d’Ouagadougou fondées sur la révision des World Urbanization Prospects (séries 2023/2024 reprises par des agrégateurs), cadre méthodologique SDG 11.3.1 (UN-Stats/UN-Habitat), analyses de densité et de croissance de la surface bâtie par télédétection (MDPI, 2021), et tendances d’urbanisation nationales (UN-Habitat Burkina Faso). (MacroTrends)

Ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat - MUH Burkina Faso
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Parcelles à vendre à côté de l'aéroport de Donsin...Des hectares à vendre à côté de l'aéroport de Donsin...etc...etc... ...
30/05/2025

Parcelles à vendre à côté de l'aéroport de Donsin...
Des hectares à vendre à côté de l'aéroport de Donsin...
etc...etc... à côté de l'aéroport de Donsin...

Vous avez sûrement déjà vu des publications de cette nature, alors interrogeons nous là dessus.

✈️ Le nouvel aéroport de Donsin au Burkina Faso : l'irruption d'un équipement urbanogène dans un milieu rural ou mirage spatial ?

Depuis le début des années 2000, le Burkina Faso a engagé le déplacement de son aéroport international, du centre de Ouagadougou vers Donsin, une localité située à plusieurs dizaines de kilomètres. Ce projet, qui s’inscrit dans une dynamique de modernisation des infrastructures et de désengorgement du centre-ville, alimente un grand enthousiasme. Mais il soulève aussi des questions fondamentales sur son potentiel réel en matière d’urbanisation et de développement territorial.

La notion d’équipement urbanogène renvoie à un équipement qui structure l’espace et stimule la croissance urbaine. De nombreux travaux, comme ceux de Halbert et Attila (2010) ou encore de Kasarda et Lindsay (2011) sur l’"aerotropolis", ont montré que les aéroports peuvent devenir des pôles majeurs d’urbanisation, à condition d’être intégrés dans un projet territorial global, incluant la connectivité, les services et la planification urbaine.

Autour de Donsin, on assiste déjà à une forte spéculation foncière : des champs vendus en hectares, des lotissements informels qui se multiplient, et une envolée des prix. Cette dynamique spéculative s’appuie sur l’hypothèse que l’aéroport créera automatiquement une dynamique urbaine. Pourtant, les études de cas d’aéroports périphériques comme Incheon en Corée du Sud ou Istanbul en Turquie montrent que l’effet structurant d’un aéroport dépend avant tout de la qualité des infrastructures d’accompagnement et de la régulation foncière.

Dans le cas de Donsin, l’absence de plan d’occupation des sols et de projets urbains concertés interroge la capacité réelle de l’aéroport à agir comme moteur de développement. Sans une politique cohérente d’aménagement, les effets de l’aéroport risquent de rester cantonnés à un rôle fonctionnel et logistique, plutôt qu’à un levier de transformation territoriale. Des chercheurs comme Albrecht et al. (2020) ont insisté sur le fait qu’un aéroport éloigné de la ville principale, sans offre de transport multimodal et sans planification urbaine, devient souvent un « îlot » isolé, incapable de générer les externalités positives attendues.

La situation actuelle autour de Donsin, marquée par une ruée foncière spéculative, semble refléter cette absence de vision stratégique. Elle met en lumière la nécessité d’un cadre de planification qui permette de transformer cet investissement en levier de développement durable et inclusif. L’enjeu est donc de dépasser l’enthousiasme initial pour poser les bases d’une évolution spatiale maîtrisée (je m'abstiendrai de dire urbanisation 😉), articulée autour de l’aéroport mais aussi des besoins réels des populations locales.

Cette réflexion s’inscrit dans les débats plus larges sur la gouvernance foncière, la planification stratégique et l’urbanisation aéroportuaire.

Vers une gestion urbaine plus efficace au Burkina Faso :  un Géoportail de l’urbanisme en gestation.L’enquête parlementa...
26/05/2025

Vers une gestion urbaine plus efficace au Burkina Faso : un Géoportail de l’urbanisme en gestation.

L’enquête parlementaire sur le passif de la promotion immobilière a mis en lumière un enjeu crucial : la méconnaissance généralisée des documents de planification urbaine par les acteurs du développement urbain.

Alors que le zonage, hérité de la Charte d’Athènes (et remis en question par la Charte d’Aalborg), devrait structurer l’occupation des sols, sa mise en œuvre demeure marginale. La question est donc posée : comment connaître en temps réel la vocation d’un espace urbain à partir de sa seule localisation, dans un contexte où le périmètre d’urbanisation reste une abstraction cartographique, invisible dans le paysage urbain réel ?

Dans le cadre de sa stratégie de modernisation et de dématérialisation des procédures, le ministère en charge de l’urbanisme envisage de déployer une nouvelle plateforme numérique : le Géoportail de l’urbanisme.

Présenté lors d’un atelier d’information le 22 mai dernier, sous la présidence de M. Ferdinand Bako, chargé de missions, ce projet s’inspire des meilleures pratiques internationales en matière de systèmes d’information géographique (SIG) pour la planification urbaine.

L’objectif : rendre accessibles en ligne des outils essentiels comme le Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) ou le Plan d’Occupation des Sols (POS), lorsque ceux-ci existent.

Grâce à l’appui d’un partenaire de coopération internationale, une phase pilote sera lancée dans la commune de Pouytenga, avant un déploiement progressif dans toutes les communes disposant d’outils de planification.

Ce projet constitue une avancée majeure pour une gouvernance foncière transparente, une planification participative et une meilleure lisibilité des dynamiques urbaines.

́veloppementdurable

06/05/2025

Quand les marchés restent vides : Le cas de Loumbila, ou l’échec silencieux des équipements mal pensés

Le marché de fruits et légumes de Loumbila, inauguré en 2019 à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, reste désert, malgré les efforts financiers mobilisés pour sa construction. Ce documentaire interroge les raisons profondes de cette inoccupation persistante et met en lumière un problème récurrent dans l’aménagement urbain : la déconnexion entre la conception des infrastructures et les pratiques sociales des usagers.

À Loumbila, plusieurs éléments expliquent le désintérêt des commerçantes pour le site :
L'absence de concertation avec les principales usagères (les femmes commerçantes) ;
Une localisation perçue comme défavorable, car le marché est tourné vers l’intérieur et non vers la route principale, pour des raisons de sécurité ;
Les habitudes d’achat ancrées des consommateurs, qui préfèrent les points de vente spontanés en bord de voie ;
Une appropriation limitée, faute d’accompagnement social ou de stratégie de transition depuis les anciens lieux de vente.

Ces problèmes ne relèvent pas d’un manque de moyens, mais bien d’un déficit de planification et de conception participative. Ce marché, comme tant d'autres à travers l'Afrique de l’Ouest, illustre les limites d’un aménagement top-down, déconnecté des pratiques locales.

Ce type de dysfonctionnement n’est pas isolé. En Afrique de l’Ouest, de nombreux marchés, gares ou équipements sociaux restent sous-utilisés, voire complètement à l’abandon, car pensés sans concertation réelle avec leurs futurs utilisateurs. À Dakar, par exemple, le marché de Wakhinane-Nimzatt est longtemps resté vide après son inauguration, les commerçants continuant à opérer en contrebas, près de la route, là où passait la clientèle. À Kumasi, au Ghana, un terminal de bus ultramoderne a souffert du même mal : trop éloigné des circuits de transport habituels, il n’a été pleinement utilisé qu’après de longues négociations avec les syndicats et des réajustements dans les itinéraires.

Ces exemples soulignent une tendance plus large : la réussite d’un équipement ne repose pas uniquement sur sa qualité architecturale ou sa conformité aux normes techniques. Elle dépend de son insertion dans un tissu vivant de pratiques, de relations sociales et de dynamiques économiques locales. Un marché, un arrêt de bus ou un centre de santé n’a de sens que s’il répond à un usage réel, porté par une population qui s’y reconnaît et se l'approprie.

Le cas de Loumbila nous rappelle que l’urbanisme ne peut être une opération descendante. Concevoir pour les populations sans les inclure revient souvent à se borner dans des logiques technicistes rigides pour concevoir contre elles. Les projets doivent s’appuyer sur une lecture philosophique fine des pratiques existantes, une écoute active des besoins exprimés, et une capacité à accompagner les transformations sur le long terme. Construire n’est qu’un début : ce qui fait vivre un équipement, c’est l’appropriation collective qu’il suscite.

Documentaire réalisé par Fasogreen TV | Mai 2025

Architecture, Urbanisme et Design
Ministère de l'Urbanisme et de l'Habitat - MUH Burkina Faso

́nagement

Savoir saisir les opportunités (SSO) : on pardonne parfois à un urbaniste qui brusque l'occasion, jamais à celui qui la ...
05/03/2025

Savoir saisir les opportunités (SSO) : on pardonne parfois à un urbaniste qui brusque l'occasion, jamais à celui qui la rate.

En marge de la première édition des 72 heures de l’urbaniste, qui s’est tenue du 20 au 22 février 2025 sur le thème « Développement urbain durable en Afrique : rôle de l’urbaniste en temps de crise », nous avons eu l’immense privilège d’accueillir au sein de notre bureau AFRICAN METROPOLIS trois figures éminentes de l’urbanisme au Niger et au Mali.

Cette rencontre a été d’autant plus marquante qu’elle s’est inscrite dans un cadre inédit : pour la première fois, les trois Ministres en charge de l’urbanisme de la Confédération des États du Sahel ont dialogué ensemble, trois jours durant, autour des enjeux urbains qui nous concernent collectivement.

Nous avons ainsi eu l’honneur de recevoir :
• M. Aminou MALAM KAILOU, Urbaniste DPLG/CS Développement, associé-gérant du bureau d’études AGECRHAU et Président de l’Ordre des Urbanistes du Niger ;
• M. Abdoulaye SEYDOU, Urbaniste DPLG, DESS en gestion urbaine, Conseiller technique à la Direction Générale de l’Agence de Modernisation des Villes du Niger ;
• M. Ibrahim Abderhamane KOUNTA, Urbaniste et expert évaluateur immobilier, gérant du bureau d’études ABDATY KOUNTA, Vice-Président de l’Ordre des Urbanistes du Mali.
Malgré des agendas particulièrement chargés, ces experts ont répondu présents à notre invitation, nous offrant ainsi de précieux moments d’échanges et de transmission. Pour nous, jeunes urbanistes, ce fut une opportunité d’apprentissage inestimable, à travers les parcours riches et inspirants de ces professionnels cumulant chacun plus de vingt ans d’expérience.

Leur expertise nous rappelle combien nous sommes privilégiés d’évoluer dans un contexte où, bien que de nombreux défis subsistent, de grandes batailles ont déjà été menées et remportées par nos aînés pour la reconnaissance et la valorisation de notre profession.

Nos discussions ont également mis en lumière un constat essentiel : nos trois pays font face à des défis urbains similaires, notamment la requalification des quartiers anciens, la résorption de l’habitat précaire, l’accès au logement décent ou encore l’intégration des déplacements massifs de populations dans la planification et la gestion urbaine.

Dès lors, il apparaît fondamental de renforcer le partage de solutions et de bonnes pratiques entre urbanistes et décideurs, notamment à travers la mise en place d’un cadre de coopération régional permanent au sein de l’Alliance des États du Sahel, dédié aux questions de développement urbain et territorial.

La collaboration entre bureaux d’études urbaines de nos trois pays existe déjà, et AFRICAN METROPOLIS entend pleinement s’inscrire dans cette dynamique. Ensemble, œuvrons à la construction d’une expertise forte et influente, au rayonnement international.

AES MEDIA
72 heures de l’Urbaniste

La « capitale du cinéma africain » ne compte plus que 2 salles de ciné fonctionnelles à temps plein...📽 Le paradoxe du c...
26/02/2025

La « capitale du cinéma africain » ne compte plus que 2 salles de ciné fonctionnelles à temps plein...

📽 Le paradoxe du cinéma burkinabè : un patrimoine en péril ?

Alors que le Burkina Faso accueille la 29ᵉ édition du Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), la plus grande manifestation dédiée au cinéma africain, une réalité préoccupante émerge. Dans les années 80, Ouagadougou comptait 59 salles de cinéma ; aujourd’hui, ce nombre a dramatiquement chuté.

Jusqu’au milieu des années 90, le Burkina Faso rayonnait comme l’un des plus grands pôles cinématographiques d’Afrique subsaharienne. De grands réalisateurs burkinabè, tels que Gaston Kaboré (Wend Kuuni, Buud Yam), Idrissa Ouédraogo (Tilaï, Le Choix, Yaaba) et Pierre Yaméogo (Delwendé, Silmandé), ont marqué l’histoire du 7ᵉ art. Cette prospérité reposait en partie sur une politique de soutien active : la nationalisation des salles de cinéma en 1970 et la création de la Société nationale voltaïque du cinéma (SONAVOCI), devenue SONACIB en 1984. Grâce à cette structure, une partie des recettes des salles était réinjectée dans la production cinématographique, garantissant un écosystème dynamique.

En 1983, une politique de construction de salles a démocratisé l’accès au cinéma au Burkina Faso. Cependant, les crises économiques des années 90 ont entraîné une chute des financements, affaiblissant progressivement SONAVOCI, jusqu’à sa quasi-disparition.

Aujourd’hui, Ouagadougou ne compte plus que huit salles de cinéma, dont seulement quatre salles nationales encore en activité : le Ciné Neerwaya, le Ciné Burkina, le Ciné Émergence et le Ciné Espoir. Seuls les Ciné Neerwaya et Ciné Burkina fonctionnent à plein temps. Deux salles Canal Olympia, d’une capacité de 300 places chacune, ont été récemment ouvertes par le groupe Canal+. En revanche, d’anciennes salles populaires ont été reconverties en commerces : le Ciné Oubri partiellement transformé en boutiques et le Ciné Rialé remplacé par un immeuble.

Les cinq salles de cinéma populaire construites sous la Révolution ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes : seules deux d’entre elles survivent difficilement, au gré de rares projections et spectacles occasionnels. La salle de Somgandé, autrefois capable d’accueillir 1 000 spectateurs, est abandonnée depuis plus de dix ans. Quant aux autres salles populaires encore debout, le FESPACO n’y organise plus de projections, signe d’un désintérêt progressif. La gestion de ces infrastructures a été transférée à la mairie de Ouagadougou, mais les moyens alloués sont insuffisants pour leur rénovation et leur exploitation.

Avec la croissance rapide de Ouagadougou, il devient essentiel d’investir dans des infrastructures modernes adaptées aux nouvelles attentes du public. Le FESPACO pourrait-il alors jouer un rôle clé dans la relance des salles de cinéma au Burkina Faso ?

́maafricain

La planification hebdomadaire axée sur les résultats : ses avantages dans un contexte entrepreneurial complexe.Avec mon ...
06/01/2025

La planification hebdomadaire axée sur les résultats : ses avantages dans un contexte entrepreneurial complexe.

Avec mon associé, nous coordonnons simultanément les activités de quatre entreprises dont notre bureau d'études urbaines, et à cet effet, la gestion efficace du temps et des ressources est cruciale pour nous.

Pour se faire, nous avons d'abord élaboré un plan stratégique de développement sur cinq (05) ans. Puis nous nous sommes donné une petite habitude : chaque lundi, nous nous réunissons pour organiser la semaine à venir, un moment essentiel pour d'abord se retrouver (en vrai, on se voit que quelques fois durant la semaine😉) qui permet d’aligner nos priorités, de définir nos objectifs, de répartir les tâches et de nous assurer que chaque projet avance de manière coordonnée.

Ce processus, que nous avons mis en place depuis le début, nous permet de démarrer la semaine avec une vision claire et partagée. Il est facile de se perdre dans le tourbillon des urgences et des projets multiples, mais cette réunion nous permet de prendre du recul, d’évaluer la situation et de nous concentrer sur ce qui est vraiment important. Nous en ressortons avec une feuille de route précise pour chacun, un vrai atout pour optimiser notre temps et nos efforts.

L’une des clés de notre approche est de prendre ce moment pour discuter ouvertement des défis et des opportunités. Cette communication régulière nous aide à maintenir un cap cohérent, tout en restant flexibles pour ajuster nos plans face aux imprévus. À l’issue de la semaine, ce processus nous permet aussi d’évaluer ce qui a été accompli, d’analyser les résultats et d’identifier les axes d'amélioration pour les semaines à venir.

Dans un environnement aussi concurrentiel et dynamique que le nôtre, où chaque jour peut apporter son lot de nouvelles opportunités et de défis, la planification hebdomadaire axée sur les résultats est un véritable levier pour une gestion sereine et efficace. Elle renforce non seulement notre esprit d'équipe mais aussi notre agilité tout en garantissant que chaque projet reçoit de nous deux, l’attention qu’il mérite.

́nierie

La qualité de l'air à Ouagadougou, parlons-en !Cette semaine, les publications quotidiennes d’un ancien collègue ont att...
25/11/2024

La qualité de l'air à Ouagadougou, parlons-en !

Cette semaine, les publications quotidiennes d’un ancien collègue ont attiré notre attention. Chaque matin, il partage des photos saisissantes des rues de son quartier Rimkiéta à Ouagadougou, montrant des nuages de poussière envahissants.

En 2021, l'UNICEF estimait à 8,1 millions le nombre de décès dans le monde liés à cette problématique et les enfants de moins de cinq ans sont particulièrement vulnérables. Et ce fardeau est majoritairement supporté par les pays à revenu faible ou intermédiaire, où 90 % de ces décès se concentrent.

Des recherches menées par le laboratoire de physique et de chimie de l’environnement et l’Institut de génie de l’environnement de l’Université Joseph Ki-Zerbo, sous la direction de deux éminents chercheurs, Dr Bernard Nana et Dr Tizane Daho montrent que les principales émissions de polluants proviennent de deux facteurs clés : les voies non bitumées et le transport motorisé.

Les mesures effectuées entre 2007 et 2019 à Ouagadougou révèlent des concentrations alarmantes de particules en suspension (PM) et de composés organiques volatils (COV), bien au-delà des normes de l’OMS. La saison sèche, combinée à la circulation intense sur des voies non bitumées, exacerbe cette situation. Les motos, qui constituent un moyen de transport majoritaire dans la ville, contribuent à 57 % des émissions de polluants tels que le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote et le benzène par exemple dont la concentrations dépasse la valeur 1 µg/m3 . En termes de répartition géographique du parc de véhicules par région, le centre (Ouagadougou) représente 70% du total national, et jusqu'à 86,45% des voitures particulières et 82,89% de véhicules de transport de marchandises du pays.

Face à cette situation, que peut-on faire pour améliorer la qualité de l’air à Ouagadougou ?
Il est impératif d’intégrer cette problématique dans l’aménagement de la ville et dans les politiques de mobilité. Cela commence par une meilleure compréhension de la répartition géographique des zones les plus polluées. Par exemple, des outils comme la cartographie par drones permettraient d’identifier les zones d’embouteillage et les voies non bitumées les plus empruntées. Ces données guideraient les priorités en matière de voirie, en orientant les investissements vers les axes à bitumer en urgence pour réduire les émissions de particules en suspension. Il est également essentiel de créer un observatoire de la qualité de l’air à l’échelle municipale.

Enfin, la réduction de la pollution de l’air doit être inscrite comme une priorité dans l’agenda municipal. Une collaboration étroite entre les structures scientifiques, les autorités locales et la population est essentielle pour mettre en œuvre des solutions pérennes.

Nous respirons tous le même air. S’engager pour une meilleure qualité de l’air à Ouagadougou, c’est investir dans un avenir plus sain, plus durable et plus équitable pour tous.

Crédit Photos : Denis KABORE



17/10/2024

’ ’ : l' !

L'institution de l’Initiative présidentielle pour la construction de routes et l’urbanisme durable annoncée lors du conseil des ministres du 16 octobre2024 représente une ambition innovante majeure pour le désenclavement des villes et des campagnes, ainsi que pour la promotion d'un cadre de vie amélioré et durable.

Les deux composantes clés de ce projet sont la construction d'infrastructures routières par des Brigades de la route et le réaménagement urbain à travers la création de logements décents, l'assainissement et la création d'espaces publics verts, des piliers essentiels pour un développement harmonieux et durable.

L'urbanisme durable est au cœur des défis contemporains et cette initiative a pour objectif de en espaces plus inclusifs, accessibles et respectueux de l'environnement, en optimisant au mieux les ressources allouées. C'est une opportunité réelle, en dehors des mécanismes de financiarisation traditionnel, de nos espaces de vie pour les générations présentes et futures.

Pour assurer le succès de cette initiative, il est essentiel de prendre certaines précautions. L'implication des citoyens dans la planification et l’exécution des projets garantira qu'ils répondent véritablement aux besoins de la population. De plus, l'intégration de méthodes écologiques dans la construction et l'aménagement est cruciale pour préserver l'environnement tout en satisfaisant les besoins urbains.

En tant qu'acteurs engagés dans le développement durable et fidèle à notre vision : FAIRE AUTREMENT, nous ferons tout notre possible pour soutenir les autorités dans l'atteinte de ces nobles objectifs. Ensemble, nous avons la possibilité de construire un avenir meilleur pour le Burkina Faso, où chaque infrastructure et espace public améliore la qualité de vie de tous les habitants.

Ensemble nous pouvons unir nos efforts pour réaliser cette vision endogène d'un Burkina Faso prospère et durable !

"Avant, c'est parce que tu n'as pas réussi à l'école qu'on t'envoyait apprendre la couture" (déclaration d'une responsab...
14/10/2024

"Avant, c'est parce que tu n'as pas réussi à l'école qu'on t'envoyait apprendre la couture" (déclaration d'une responsable d'un centre religieux de formation professionnelle à l'ouverture de la SENACO"

Mais le saviez-vous ?

Il y'a au Burkina Faso, un atelier de couture qui emploie plus de 70 personnes dont certains perçoivent un salaire de plus de 500 milles ( 762 euros) par mois.

Dans nos villes ici, le long des voies, les ateliers de couture sont sans aucun doute l'une des activités les plus représentées et qui emploient d'ailleurs majoritairement les femmes. 92,3% des apprenants sortant des centres de formation Coupe/Couture du MENAPLN sont des femmes, selon un rapport de l'observatoire national de l'emploi et de la formation.

Cependant la couture est un secteur dont la dynamique de valorisation n'est que récente au Burkina Faso, pourtant pays riche de son histoire du textile, du célèbre Faso Danfani, de ses grands couturiers comme François 1er, Pathé'O qui a habillé des présidents comme Nelson Mandela, Laurent Gbagbo.

Depuis plusieurs années, nous avons l'honneur de travailler aux côtés de notre mentor, Dr Aristide SAWADOGO, à travers sa Fondation, "Faso Persévérance". C'est une fondation à but non lucratif qui se consacre à des initiatives dans les domaines de la santé et de l’alphabétisation, en mettant un accent particulier sur l'éducation et l'autonomisation des femmes dans les 13 régions du Burkina Faso.

La mise en valeur de ce métier est une préoccupation au cœur de l’Union nationale des couturières du Faso (UNCF) qui estime contreproductif de promouvoir le textile national sans valoriser les acteurs clés de sa transformation, notamment les couturiers et couturières.

Pour remédier à cette situation, la Semaine Nationale de la Couture (SENACO) a été initiée par Dr Aristide Sawadogo et sa fondation. Cet événement vise à organiser le secteur de la couture et à renforcer les capacités des divers acteurs impliqués. La SENACO réunira des professionnels de l’industrie de la mode et des partenaires afin de stimuler la collaboration, encourager l’innovation et développer des solutions durables pour valoriser le secteur.

Dr Aristide Sawadogo, président de la Fondation Faso Persévérance et parrain de la Semaine, souligne l'importance de cette initiative : « La couture est encore un domaine méconnu. Lorsque l'on évoque la couture, on pense souvent à la personne derrière la machine. Pourtant, ce secteur englobe des métiers variés, des créateurs aux designers, en passant par les modélistes et les tailleurs. Il est essentiel de valoriser ces métiers et d'attirer de nouvelles vocations. »

Placée sous le thème « La couture, un maillon fort de la résilience au Burkina Faso », la SENACO a également pour objectif de soutenir les femmes des forces de défense et de sécurité, ainsi que les personnes déplacées internes, en les aidant à développer leur résilience.

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