17/06/2026
🌿 Des îlots flottants pour redonner vie aux berges de Serre-Ponçon 🏞️
Les lacs et retenues artificielles sont largement exploités par l’homme (hydroélectricité, eau potable, loisirs), ce qui entraîne artificialisation du milieu et variations du niveau d’eau. Les berges, qui abritent des habitats essentiels à la faune aquatique (refuge, ponte, nurserie…), en pâtissent particulièrement, avec un impact direct sur la reproduction de certaines espèces de poissons. 🐟
Différentes solutions existent pour limiter cette perte de biodiversité (frayères artificielles, végétalisation des berges, radeaux, alevinage), mais leurs effets sont encore rarement évalués sur le long terme. C’est dans ce contexte que le projet de recherche UROS a été lancé : concevoir, construire et tester des îlots flottants végétalisés pour recréer des zones littorales disponibles en permanence.
Pendant 4 ans (2019–2023), 3 îlots de 70 m² ont été suivis sur le lac de Serre-Ponçon (28 km², 110 m de profondeur max, 27 m de marnage annuel), avec un suivi des poissons et invertébrés, et un focus particulier sur le brochet.
Les résultats montrent :
🦗 Invertébrés : 4 fois plus d’espèces et une abondance nettement supérieure sur les îlots, avec des communautés typiques des milieux végétalisés (vs zones plus minérales sur les témoins).
🐟 Brochet : juvéniles observés chaque année sur les îlots, dont certains de 15 mm, et globalement plus nombreux que sur les zones témoins éloignées.
🐦 Autres groupes : bénéfices également observés pour les oiseaux, insectes, amphibiens et lézards.
🐚 Espèces non indigènes : présence généralisée de Dreissènes et moules Quagga, mais absence d’écrevisses américaines sur les îlots.
Ces résultats montrent que les îlots flottants peuvent restaurer une partie des fonctionnalités écologiques perdues à cause du marnage, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les recherches sur le long terme.
🔬 Ces travaux se prolongent aujourd’hui aux Arcs 2000, sur une retenue d’altitude, afin de tester ces solutions dans des conditions environnementales extrêmes (haute altitude), dans le cadre du projet BECCA.